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Pour quelques licenciés de plus….

18 mois de lutte. 448 salariés au chômage. Plusieurs offres de reprises examinées et refusées par le tribunal de commerce de Rouen. La grande raffinerie de petite-couronne, cadavre du groupe Pétroplus, achève sa fermeture. Après PSA ou Aulnay, une énième défaite ? Simplement une étape de plus dans la désindustrialisation de la France ? Peut-on résumer le drame Pétroplus, comme le feraient les libéraux, à la « perte de compétitivité des entreprises françaises » ?

Bien sûr que non, puisque Pétroplus est un groupe…suisse. Lui-même inféodé au groupe d’investissements américain Carlyle. Propriétaires de plusieurs raffineries en Europe, tout ce beau monde avait le vent en poupe malgrè la crise. Du moins jusqu’en 2011 et la limitation des emprunts bancaires nécessaires à la croissance du groupe. Immédiatement dégradé, la bande Pétroplus est rapidement en faillite. Début 2012, la raffinerie de petite-couronne est mise à l’arrêt et commence alors le combat pour trouver un repreneur. De nombreuses propositions de l’étranger (Libye, Iran) sont rejetées par le tribunal. Finalement, fin avril 2013, le licenciement des salariés peut débuter.

Plusieurs éléments relèvent de ce que nous dénonçons depuis le début. Le cas de Pétroplus ne relève pas d’une crise du capitalisme, mais de la nature même de ce système.

-Détention d’une structure française à l’embauche massive par un groupe étranger.

-Ce groupe est lui-même soumis non à l’économie réelle (offre/demande) mais au système spéculatif et à la décision des sacro-saintes agences de notations.

-Visite bidon de François Hollande, promesses risibles, pour se mettre dans la poche les salariés en danger avant l’élection présidentielle.

-Monopolisation du terrai par les socio-traîtres du PCF, du Front de Gauche et parfois, du NPA.

-Finalement, incapacité (ou refus ?) de l’Etat français d’y changer quoi que ce soit. Pas de rachat, pas de nationalisation, serrons les fesses et faisons oublier la reddition socialiste sur le plan industriel par une réforme sociétale telle que le mariage « pour tous ». Histoire de mériter encore un peu le nom de « gauche ».

Pendant ce temps là, la vallée de la Seine, l’un des plus grands centres industriels historiques en France, l’un des derniers coins ou les normands savent qu’on peut « trouver du boulot », achève de mourir en silence. Le jour de la publication de la décision du tribunal de commerce, plus de vingt cars de CRS encerclaient la préfecture de Rouen, au cas où les gueux oseraient se rebiffer…

Nous assistons là à l’étape intermédiaire de la crise, dont les effets, loins d’être derrière nous, attendent encore de nous frapper en pleine face. Les premiers à se manger cette claque sont les chômeurs orphelins de Pétroplus.

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