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Bases Autonomes Durables (BAD) et solidarisme (archive, article datant de 2012)

BASES AUTONOMES DURABLES ET SOLIDARISME :

Du survivalisme à l’utilité politique : synthèse

Note rédigée en Février 2013

Guillaume Lenormand

Introduction………………………………………………………….

I] : la BAD, définitions communes…………………………………

II] BAD survivaliste contre BAD solidariste .…………………

III] règles de base pour une BAD solidariste.……………………

IV] Exemples concrets……………………………………………..

Bilan …………………………………………………………..

INTRODUCTION

La Base Autonome Durable constitue un secteur incontournable du programme politique de Troisième Voie. En outre, la BAD est présente au centre de la plupart des réflexions politiques du courant nationaliste révolutionnaire. Pourtant, un tel concept reste jusqu’à présent plutôt imprécis. Parles-t-on de BAD quand on s’intéresse aux locaux ouverts par les identitaires ? Un squat anarchiste est-il une BAD ? Le mouvement fasciste italien Casapound peut il résumer à lui seul l’alpha et l’oméga du concept de BAD, comme se contentent trop souvent de le penser les nationalistes français ? Cette courte note de synthèse vise

-à définir clairement le concept de BAD selon Troisième Voie.

-à distinguer différentes conceptions de la BAD

- à livrer quelques pistes claires quand à l’élaboration concrète d’une BAD solidariste.

I] La BAD, définitions communes.

-Premièrement, la BAD est un territoire, un terrain, une propriété, bref, un périmètre consacré pleinement et durablement à un objectif précis.

Dans son livre, Piero San Giorgio nous donne l’hypothèse d’une BAD mobile (bateau ou camion), une hypothèse qui après réflexion, n’est pas totalement à exclure concernant le politique (nous l’aborderons dans la IIIeme partie).

Toutefois, considérant que la BAD solidariste est au service du peuple et le peuple étant sédentaire, la BAD solidariste sera dans l’idéal un bâtiment fixe et occupé à long terme (loué ou acheté).

Bref, une BAD est d’abord et avant tout un périmètre, une « BASE » délimité précisément.

-Par « Autonome », on entend que la BAD ait la faculté de fonctionner en relative (et si possible totale) autarcie vis-à-vis de l’extérieur. Evidemment, une autarcie totale restant du domaine de l’utopie dans la majeure partie des cas, la BAD, que ce soit par sa propre économie ou par l’aide extérieure de ses alliés, doit pouvoir soutenir de manière « Durable » un conflit avec l’Etat. C'est-à-dire un siège économique ou physique de la part des autorités, une pénurie touchant la société en générale, un bras-de-fer avec un groupe quelquonque, etc. Bref, la BAD n’est pas une simple permanence de parti, ni une vitrine. Elle est un lieu de vie et de combat.

-Il n’y a pas de modèle générique de BAD. Chaque BAD est élaborée sur mesure pour servir un rôle précis, dépendant de son environnement, des objectifs de ses créateurs, de leurs ressources, du combat à mener… Le BAD peut être urbaine, rurale, mobile, sédentaire, individuelle, collective… Ainsi nous distinguerons principalement 2 conceptions différentes de la BAD :

La BAD survivaliste privée (pensée par Piero San Giorgio)

La BAD solidariste, (collective et politique) prônée par Troisième Voie.

De nombreux points communs existent entre les deux, et il est nécessaire de les comparer pour mieux les distinguer.

II] BAD survivaliste contre BAD solidariste.

Pour tous les militants solidaristes, il est nécessaire de savoir faire la différence entre ces deux conceptions qui se basent sur une même anticipation du futur : l’écroulement, violent ou larvé, du système économique des sociétés occidentales, le passage d’une situation de paix sociale à une situation de chaos ou tout devient possible.

Mais là ou la BAD survivaliste n’a qu’un rôle individuel (permettre la survie d’un individu et de ses proches), la BAD solidariste doit permettre le regroupement et la fédération :

-des militants du Parti.

-des sympathisants et autres proches.

-des autres gens qui viendront s’y regrouper lorsque la BAD aura prouvé son utilité.

La BAD solidariste doit être l’outil des forces vives du peuple pour reprendre leur destin en main, c'est-à-dire pour retrouver leur autonomie.

La BAD solidariste a un but politique et social, au-delà de l’économie. Elle s’adresse au collectif. Elle sert un projet : la révolution solidariste. Donc, logiquement, elle doit être pensée et planifiée de manière différente de la BAD survivaliste. Il s’agit donc d’un projet plus difficile à concrétiser : la BAD solidariste combine essentiellement trois aspects :

-une fonction économique, qui permet de financer le Parti et les activités du Parti. Dans un stade supérieur, cette fonction économique permettrait directement de contribuer à la survie des militants.

-une fonction sociale : elle est un lieu de vie ou les militants du Parti, leurs alliés et les sympathisants peuvent se croiser régulièrement et surement, et donc fraterniser et se souder. Elle répond à l’écroulement social de l’environnement capitaliste et à l’individualisme ambiant.

-une fonction politique : dans l’immédiat, la BAD solidariste sert de quartier général, d’atelier, de local de stockage, de centre de formation, de salle de conférence ou d’entraînement pour le Parti. Elle doit donc être équipée et pensée en conséquence.

III] règles de base pour une BAD solidariste

La BAD est d’abord un lieu de survie et de regroupement : c’est pourquoi elle doit être élaborée en temps de « paix », lorsque nous en avons encore le temps et les ressources disponibles.

Une BAD urbaine ou rurale doit être louée, si possible achetée.

Elle doit être gérée et entretenue.

Elle doit être défendue.

Bref, elle ne peut pas être improvisée. C’est pourquoi une structure militante stricte et disciplinée, comme celle proposée par Troisième Voie, ne peut pas être évitée si l’on veut monter une BAD solidariste.

Une BAD ne peut exister qu’avec un noyau dur de militants de confiance (donc cartés et ayant faits leurs preuves), une trésorerie minutieuse (contrôlée par les cadres qui en retour rendent des comptes aux cotisants), un engagement sur le long terme, des projets précis.

Une BAD montée sur un coup de tête par une confédération libre d’individus sans contraintes ni contrat est condamnée à finir fermée en quelques mois. Pour schématiser, la BAD doit être utilisée par deux groupes distincts :

-Ceux qui la gèrent et/ou qui y participent, et ont donc un droit de regard et de décision.

-Ceux qui y sont invités mais qui n’y participent pas, et donc n’ont pas de pouvoir de décision.

La BAD doit être l’instrument de réalisation du solidarisme :

Economie finançant (même à un niveau minuscule) le militantisme, hébergement de camarades de passages, et dans un stade supérieur et idéal ; maison du peuple et des syndicats, marché alternatif pour les militants nécessiteux (donc stocks de nourriture, etc).

Pour rejoindre P. San Giorgio sur cet axe, on pourrait imaginer des BAD solidaristes rurales produisant des cultures vivrières ou autres denrées pouvant être vendues/distribuées au sein d’une contre-économie, écoulées dans les BAD solidaristes urbaines.

Evidemment, un tel dispositif demanderait de la discipline et des bras supplémentaires, mais il s’inscrit dans la suite logique de la technique de reprise du pouvoir par les BAD.

IV] Exemples concrets.

Le Local est un lieu associatif qui a prouvé son autonomie (par la petite économie solidaire qu’il a mis en place) et sa durabilité (il existe à présent depuis 4 ans). Il a permis la fédération de la quasi-totalité du Parti dont les cadres s’y côtoient régulièrement. Il s’y déroule des conférences et de nombreux penseurs et militants nationalistes y sont invités. Cela prouve bien que l’expérience est réalisable et profitable à notre combat.

Si l’économie des BAD décrite par Piero San Giorgio est essentiellement tournée vers la nourriture ou les nécessités diverses, les BAD solidaristes, en temps de paix, peuvent évidemment s’appuyer sur d’autres types de productions, plus triviales mais aussi plus rentables immédiatement (vêtements, musique, etc).

En réalité, les BAD solidaristes ne pourront devenir réellement des lieux de survie (en plus de leurs autres rôles) qu’à partir d’un certain niveau de développement général du mouvement. C'est-à-dire quand les premières BAD auront produites assez de ressources pour que puissent se faire des aménagements nécessaires au repli, à la survie et à la contre-attaque dans un contexte révolutionnaire.

Bref, nous pouvons anticiper deux étapes de développement de la stratégie des BAD solidaristes. La première à court terme, celle ou nous nous trouvons, et la seconde qui permettra au parti de résister à une interdiction administrative ou à n’importe quelle autre attaque.

Quoiqu’il en soit, à l’exemple de la réunion mensuelle, de la cotisation ou du tractage régulier qui soude la section bien plus qu’aucun serment, la BAD solidariste sera le point de liaison entre les membres de Parti, mais aussi leur point de contact avec les autres militants nationalistes, qui, en cas de confusion ou d’urgence, pourront toujours se fédérer autour de cette BAD, et donc autour du Front Populaire Solidariste.

Bilan :

La réflexion sur les BAD développée par Piero San Giorgio n’est pas inutile ni antagoniste à celle de Troisième Voie.

Nous parlons de deux concepts différents à la racine commune. Pour les distinguer, il faut les connaître et les comprendre.

Un autre exemple de taille pour illustrer et inspirer le concept de BAD solidariste, l’aventure transalpine de la Casapound.

A la différence de Troisième Voie, celle-ci est presque exclusivement tournée vers la métapolitique et le combat culturel. Quoiqu’il en soit, l’activité de Casapound, sa discipline et son organisation ont permis au mouvement de mener des actions véritablement sociales et d’une ampleur inégalée dans le paysage nationaliste. Relogement de familles sans domicile, distributions de vivres, voyages humanitaires, etc.

Même si l’on ne peut pas greffer en France une expérience propre à l’Italie, la réussite du Local nous montre qu’un mouvement structuré, aux militants fidèles et fiables, avec un programme social et révolutionnaire, peut tirer parti du potentiel des Bases Autonomes Durables pour mener une action profitable directement aux travailleurs français.

Monter une BAD est un projet de longue haleine, et si l’on veut éviter le « feu de paille », il convient de progresser pas à pas sans brûler la moindre étape, serais-ce la toute première : celle de la solidification à la base du Parti, et l’inscription dans un combat à long terme.

Guillaume Lenormand

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