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On nous bassine à longueur de journées avec le péril de « l’extrémisme » dont le pire, bien entendu, serait celui de droite – et pendant que la propagande crie au loup, un prédateur, lui bien réel, bien effectif, bien agissant, s’installe tranquillement chez nous au nez de tout le monde. Ce carnassier bien réel, c’est l’extrémisme libéral.

Marine Le Pen ne s’y est pas trompée en le dénonçant au sujet de Manuel Valls prenant ses fonctions de premier ministre. Celui-ci, censé appartenir à un gouvernement « de gauche » semble pourtant déterminé à appliquer une feuille de route toute libérale. Comment ça ? De gauche et libéral ? Un consensus régnerait donc entre la gauche et la droite ? Qu’est-ce donc, enfin, que cet « extrémisme libéral » ?

Le libéralisme est une doctrine faisant de l’individu la mesure de toute chose ; pour cette doctrine, l’individu est bon en soi, ses décisions et ses choix sont naturellement guidés par la rationalité et la meilleure recherche possible de son intérêt. L’individu privé doit donc être le seul acteur de la vie politique, culturelle et économique : la liberté individuelle doit par conséquent primer sur tout le reste, notamment sur l’intérêt de la chose commune.

Au niveau économique, cela signifie que chacun peut essayer de tirer un maximum de profit de ses activités et n’être contrôlé en rien par des structures publiques. D’où le phénomène de dérégularisation, laissant au privé le plus de marge de manœuvre possible, le phénomène de l’effacement des frontières économiques ou encore la toute puissance de l’acteur privé (multinationales, grandes firmes bancaires) face au politique.

Au niveau sociétal et culturel, la logique du libéralisme pousse les individus à n’être dépendant d’aucune communauté particulière, sinon celle qu’ils pourraient eux-mêmes se choisir, d’où les critiques véhémentes à l’égard de la Nation comme héritage et comme espace de vie à défendre. Chacun peut faire ce qu’il veut et les désirs individuels doivent se transformer, par une dynamique implacable déjà dénoncée par Kundera dans son roman « L’immortalité », en droits.

A travers l’action du libéralisme, devenu lui-même un extrémisme car régnant désormais en maitre, nous avons l’explication de tous les maux dont souffre notre société. Laisser à l’individu le primat sur la chose publique conduit nécessairement au développement des inégalités et à l’adoption de droits qui nuisent gravement aux communautés humaines établies. Quant à la culture, celle-ci se délite, déliant ainsi les hommes entre eux pour faire naitre une société anomique et profondément divisée.

Partageant, inconsciemment ou non, la doctrine du libéralisme, la droite et la gauche ne peuvent que faire une seule et même politique, ou en tous cas mener la société française vers le même horizon.

En face de « l’extrémisme libéral », les partisans de la res-publica (la chose commune), du primat du public, de la communauté, de la nation et de ses traditions, sur le privé, sont très affaiblis face au rouleau compresseur libéral. Les extrémistes libéraux triomphent en utilisant l’Histoire comme preuve des bons fondements de leur doctrine : en la tordant et en la manipulant, ils montrent que les sociétés dans lesquelles les structures publiques et communes primaient sur l’individu ont eu tendance à devenir totalitaires. Ils triomphent aussi en confondant volontairement « liberté » et libéralisme. Ils triomphent surtout en flattant toujours les égoïsmes particuliers qui, aiguillonnés de la sorte, sont souvent plus forts que les bonnes volontés et l’abnégation en faveur d’un groupe humain.

Pourtant, si l’on peut bien volontiers admettre qu’une société humaine a besoin de défendre un certain nombre de libertés individuelles et d’initiatives privées, il y a à considérer que « la chose commune » qu’est la Nation (avec tout son cortège de traditions, de devoirs, de règles et d’héritages) doit toujours primer sur l’action et les acteurs privés, sans quoi c’est toute la société qui disparaitra sous les coups conjugués de l’égoïsme froid et de l’anarchie des desideratas individuels.

En fin de compte, Marine Le Pen a ciblé le mal premier de notre société, mal dont la doctrine impérieuse est celle qui guide l’action de nos hommes politiques de droite comme de gauche. En fin de compte donc, nous savons qui est l’adversaire.

Par Julien Rochedy, Directeur National du FNJ. """

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