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Géopolitique des symboles, d'Est en Ouest. (par Unité Continentale)

Communiqué d' Unité Continentale sur l'Ukraine.
Géopolitique des symboles : d’Est en Ouest.
03/03/2014

On entend, dans les médias, beaucoup d’expressions contradictoires concernant les évènements récents en Ukraine et porteuses de confusion potentielle pour des lecteurs français.
-Les médias russes parlent de danger nazi en Ukraine, et mobilisent les souvenirs de la grande guerre patriotique (le front de l’Est et la défaite de l’Allemagne durant la Deuxième Guerre Mondiale). Les portraits de Staline, les drapeaux communistes côtoient les saintes icônes et les bannières tsaristes.
-Les ultranationalistes ukrainiens du Secteur Droit et de Svoboda mobilisent les souvenirs de l’UPA (guérilla ukrainienne anticommuniste) ou encore de la divisions Waffen SS « Galizien » clairement engagée chez les forces de l’Axe. Chez leurs militants, de nombreux symboles (roues solaires, runes) sont utilisés pour leur connotation anti-communiste, en signe de rattachement identitaire à une Europe non-slave et d’inspiration germanique.
-Les médias atlantistes de l’Union Européenne et des Etats-Unis préfèrent réanimer, quand à eux, les souvenirs de la guerre froide et de l’union sacrée contre le « péril rouge », au nom de la démocratie et des droits de l’homme. Le Point lui-même a parlé de « soldats soviétiques » (!) en Crimée. Ailleurs, Poutine est régulièrement comparé à Hitler et traité de dictateur.
La confusion des symboles et leur sens différent selon l’espace où ils sont utilisés, suscite de nombreuses interrogations chez tous ceux qui s’intéressent à ce conflit et chez tous les dissidents de l’Ouest qui cherchent à se positionner sans se tromper de camp. Il appartient à Unité Continentale d’apporter une analyse objective de la situation.

Russie : la synthèse nationale

La Crimée a été le théâtre du siège de Sébastopol (1854-55). Malgré une défaite finale, Sébastopol reste le symbole de la résistance acharnée de la Russie face aux expéditions « alliées » de l’Ouest (à l’époque, anglais et français). L’Est et le Sud de l’Ukraine ont été le théâtre de batailles décisives du Front de l’Est (Kharkov 1942-43).
La Russie y a perdu des centaines de milliers d’hommes pour obtenir la victoire. Aujourd’hui, le parti qui a élu Ianoukovitch (Parti des Régions) est allié au parti communiste ukrainien. Même si les russophones ne s’intéressent plus à Ianoukovitch, les images de la victoire de 1945 et du front de l’Est restent des vecteurs de mobilisation patriotique forts dans cette région. Le respect rendu à Lénine faisait partie d’un ciment patriotique et social qui n’implique en aucun cas que la Russie de Vladimir Poutine ne soit communiste.
En détruisant les statues de Lénine et les monuments aux morts de l’Armée Rouge, les partisans de Svoboda ont agressé le sentiment national russe et le souvenir de la « guerre sacrée ». D’où la réaction : drapeaux à l’effigie de Staline et du Tsar. La Russie actuelle, que nous soutenons, n’est pas communiste. Mais elle a compris que les sentiments nationaux et les souvenirs galvanisants, quels qu’ils soient, ne doivent pas être dégradés, car il en va de l’instinct de survie d’un peuple. Une leçon que la France, en jetant de plus en plus aux oubliettes ses héros nationaux au nom du relativisme progressiste, n’a pas du tout assimilé.

L’Occident : mort idéologique.

Au contraire de la Russie, l’Occident ne possède pas d’idée-force. L’utopie du mondialisme et de la fin de l’histoire, le rêve de la Pax americana sont morts dans le sable d’Irak et les rochers d’Afghanistan.
Aujourd’hui, c’est la Russie qui intervient militairement dans un but humanitaire pour protéger sa minorité menacée et pour délivrer la Crimée d’un gouvernement opposé à l’aspiration de ses citoyens. Aujourd’hui, c’est la Russie qui a pu se projeter comme une force de police dans son espace-proche. Face à elle, l’OTAN est démunie et divisée.
Malgré les pirouettes de son propagandiste officiel, Bernard Henri Lévy, l’Union Européenne ne peut compter que sur un Maïdan fragilisé et désuni. La plupart des citoyens galiciens et ukrainiens porteurs de drapeaux européens n’étaient animés avant tout que par le désir de justice sociale et de refus de la corruption. Un populisme orangiste qui a certes porté au pouvoir Arseni Iatseniouk, proche des intérêts de l’oligarchie mondialiste, notamment de la Trilatérale .
Mais aujourd’hui, la coalition orangiste tombe en ruine et ne pourra pas riposter seule au déploiement de l’armée russe, étant donné que les forces ukrainiennes font massivement défection pour rejoindre l’Est russophone. C’est pour cela que l’OTAN agite le spectre de la guerre froide : il s’agit de justifier son existence anachronique. Reste l’énigme nationaliste.

Drapeau noir : vers un petit-nationalisme « salafiste » en Europe ?

L’ultranationalisme ukrainien n’est pas le nôtre. Les ultranationalistes de Svoboda et du Secteur Droit sont les porteurs d’un nationalisme chauvin qui ne peut pas être celui d’un combat de libération nationale en Europe. Par son imagerie et ses références contradictoires, mais aussi par ses déclarations agressives et ses attaques physiques contre les russophones, les Hongrois et les Polonais ; par la volonté d’une ukrainisation heurtant frontalement la partie russophone et russe de l’Ukraine, fortement attaché à la Russie, cet ultranationalisme nous montre clairement qu’il est ferment de chaos et de guerre dans cette région du monde, aux marches de l’Europe et de la Russie. La lutte de libération nationale est une chose, la haine et la violence de rue contre des minorités séculaires en sont une autre.
D’un point de vue fonctionnel, ces ultranationalistes jouent un rôle analogue à celui des salafistes en Syrie ou ailleurs : pions de l’Occident, porte pour un flux de volontaires internationaux, ferment de division et de trouble.
Mais aussi, comme les pachtounes afghans ou les salafistes syriens, ces groupes sont prêts à se jeter dans les bras de l’Ouest pour lutter contre leur ennemi immédiat, en l’occurrence la Russie. Même si par principe, ces groupes souhaitent une indépendant nationale, y compris à l’égard de l’Ouest, leur haine antirusse rabique les conduira, tout comme les musulmans fondamentalistes, tout aussi antiaméricains, d’autres régions du monde, à jouer le rôle de pions de l’Occident.
A cet égard, la sympathie de certains nationalistes d’Europe occidentale, prompts à condamner le « nationalisme chauvin » quand il s’agit de leur propre pays au nom de la civilisation européenne, à l’égard de cet ultranationalisme antirusse, antihongrois, antipolonais… et facteur de trouble régional et peut-être bien plus à l’avenir, semble contradictoire.

L’étiquette ne définit pas le contenu :

Mais si ce néonazisme folklorique pose problème, ce n’est pas là le véritable ennemi. Il ne faut pas succomber à l’illusion de la rhétorique antifasciste, qui réactive les combats d’arrière-garde de l’Espagne des années 30. Nous devons faire un travail de vérité.
Il faut bien séparer le simple pion du joueur qui le manipule. Si tous ces volontaires penseront se battre au nom du petit-nationalisme (dénoncé par Douguine comme source de fragmentation des Etats-Nations et de l’Eurasie au profit d’une domination capitaliste globale), ils serviront en réalité de renforts à l’OTAN, ni plus, ni moins.
L’OTAN ne se soucie pas de l’étiquette que portent ses pions. Qu’ils soient islamistes, ultranationalistes, féministes, progressistes ou « antifascistes » comme ils le sont en Europe de l’Ouest, ces combattants ne doivent être définis que par le camp qu’ils servent in fine : l’Occident Post-libéral...
Dans l’éventualité d’un confit à grande échelle entre la Russie et l’OTAN, les ultranationalistes ukrainiens seront balayés tôt ou tard par l’un ou l’autre des deux camps. Il faut répéter qu’aucune troisième voie n’est possible.
En outre, en cas de conflit long de basse intensité, de guerre civile entre galiciens et russophones, ils seront au premier rang des milices armées par l’Occident.
Ils sont donc purement et simplement des ennemis du projet continental, et de libération nationale des pays d’Europe occidentale.
Dans la lutte qui s’engage, la barricade n’admettra que deux côtés. Il n’y a pas de troisième voie possible.

Synthèse de combat : face à une agression multiforme, jonction et coordination des résistances :

Les citoyens d’Odessa, de Karkov ou de Sebastopol nous montrent la voie du front commun : confédération, autonomie, patriotisme et socialisme véhiculé par un souvenir communiste non-gauchiste et non-trotskyste ; grandeur dans le l’héritage tsariste, front de la foi et identité nationale au travers de l’église orthodoxe et des milices populaires d’autodéfense.
Parce qu’elle a réussi à faire cette synthèse, la Russie a de bonnes chances de gagner la guerre face à un Occident qui n’est plus qu’une coquille vide de tout projet et de toute idée mobilisatrice des peuples.

Il n’est pas à exclure que nous soyons à la veille d’une nouvelle guerre mondiale, même de basse intensité. Alors plus que jamais, sachons distinguer l’ennemi de notre camp. Ne cédons pas à la sidération et au respect que nous pourrions éprouver face à des combattants prêts à faire couler leur propre sang au nom d’un idéal national.

Face à la propagande des medias occidentaux, nous devons tenir bon.
Viendra le jour où l’Occident crépusculaire et les combats d’arrière-garde qu’il manipule s’effaceront devant les bannières solaires se levant à l’Est.

Le bureau politique.

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