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M.A.J. sur "trancher la question ukrainienne"" et réponses à l'émission MZ sur l'Ukraine.

[NDLR: Dans une première édition de l'article, l'auteur a opéré une confusion notable entre la RONA et l'UPA / OUN (erreur induite par la retranscription des caractères cyrilliques)
-La RONA (division SS russo-ukrainienne, voir détails en bas de page) et l'UPA/OUN (mouvement de partisans nationalistes et indépendantistes) ne sont évidemment pas les mêmes organismes. Toutefois il est reconnu que beaucoup de cadres/combattants de l'UPA/OUN sont passé à la RONA et réciproquement.
Pour préciser les choses, l'historien Pascal Lassalle souligne que la comparaison des deux est souvent utilisée par la propagande russe comme manière de salir le nationalisme ukrainien, par association aux crimes de guerre commis par la RONA. Toutefois, il faut rappeler que l'UPA/OUN s'est rendue elle-même coupable de nombreux crimes de guerre de son côté. Il ne nous appartient pas de juger de ceux-ci ou non, ce n'est pas le débat. Simplement, rappelons aussi que l'UPA était divisée en courants parfois opposés les uns aux autres.
Quoiqu'il en soit, même sans prendre un parti russe, on ne peut que reconnaître que tous ces mouvements se retrouvent dans une égale détestation de la Russie (explicable par l'histoire de l'Ukraine) .


Pour ce qui est de notre regard actuel sur la situation et à l'écoute de l'émission Méridien Zéro sur ce sujet, nous ne voyons pas de raisons de changer de regard. Nous sommes confortés dans notre choix par la lecture d'une interview d'un leader du "Secteur-droit"", courant anti-européiste dans l'insurrection: Dmytro Yarosh.
Il est indéniable qu'ils ne peuvent que susciter notre sympathie. Mais on ne fait pas la guerre avec de la sympathie.
Politiquement, les nationalistes opposés à l'Union Européenne n'ont pas d'autres horizons qu'un nationalisme "orthodoxe" (que Dmytro Yarosh s'empresse de séparer de tout socialisme, qu'il juge superflu) et culturel, basé sur la notion certes incontournable d'indépendance nationale (mais surtout vis-à-vis de la Russie).
Nous l'avons vu depuis le début de la guerre froide: les nationalismes russophobes de l'est sont le pain béni de l'Ouest, quelle que soit l'époque.
Encore une fois, n'appelant pas pour autant à la défaite des insurgés ukrainiens, qui sont légitimes dans leur combat, nous ne pensons pas qu'en l'état actuel de la situation, il soit possible politiquement de les soutenir.

Le voyage de Bernard Henry Lévy à Maidan, sa prise de parole devant des milliers d'Ukrainiens, sans qu'il ne soit le moins du monde inquiété ni par Svoboda ni par le Secteur Droit, tombe à point nommé pour confirmer notre impression. La guerre contre la Russie (donc contre l'Europe libre) passe par la déstabilisation de son glacis protecteur (et donc de l'Ukraine).
Face aux manifestants, on invoque ici et là des "bandes armées du régime"" (rappelant le mythe des Shabihas en Syrie, ces gros bras mafieux prétendument au service de Bachar al Assad). En y regardant bien, on ne peut nier que ces ""bandes armées"" ont tout de même une assise populaire, donc une légitimité (surtout des ukrainiens russophiles ou des communistes). Les Shabihas syriens eux-mêmes basaient le gros de leurs troupes sur les étudiants du Ba'ath et les comités populaires. Donc sur le peuple.

L'impression que l'on retire de l'intervention de Pascal Lassalle nous rappelle furieusement la guerre froide. Un petit peuple de l'Est courageux se débattant contre un impérialisme russe malfaisant (Il y a une part indéniable de vérité). L''accent est surtout mis sur les médiamensonges et la propagande russe. Une vision plutôt injuste de Russia Today qui surpasse en qualité tout ce que produisent nos médias nationaux. Bien sûr, inutile de s'attendre de Russia Today une impartialité quelconque. La chaîne est directement téléguidée par Vladimir Poutine, qui ne s'en cache pas. Mensonges de CNN? Contre-mensonges de RT. C'est comme ça que se mène la guerre.
Du reste, Pascal Lassalle soutient que la droite nationale aurait embrayé sur un discours pro-russe et défiant à l'égard des insurgés ukrainiens, gobant la "propagande poutinienne". La droite nationale remplaçant donc les gauchistes des années 60/70 qui faisaient à l'époque le jeu de Moscou contre toute résistance occidentale?
Nous, au contraire, avions plutôt eu l'impression que les fafs français fonçaient tête baissée dans la solidarité instinctive avec la révolte ukrainienne, pour cause de croix celtiques et de runes diverses exhibées par les troupes de Svoboda.
"""Après tout, des nationalistes qui célèbrent la waffen SS et veulent prolonger le front de l'Est ne peuvent pas être nos ennemis.""". Même lorsque que Catherine Ashton et BHL viennent sur place? Notons que ce dernier non-plus affirme """ne pas avoir vu de néonazis"".

Qu'on nous comprenne bien: nous ne sommes pas opposés au national-socialisme ni à la fierté du peuple ukrainien et nous n'utilisons pas ces définitions pour faire peur. Simplement, nous sommes de ceux qui pensent que le national-socialisme, aujourd'hui, n'a plus sa place au côté de la néoEurope et de l'occidentalisme décadent. Le national-socialiste ukrainien n'a rien à gagner à combattre pour ces entités qui le laisseront faire le sale boulot puis se retourneraient contre lui. Les Croates en ont fait l'amère expérience dernièrement.

Mention spéciale concernant les rumeurs de tireurs d'élites, nous remarquerons que le coup """des tireurs d'élite du régime ouvrant le feu sur la foule""" est un classique des révolutions soutenues par l'Ouest. On peu d'ailleurs constater que les photos des tireurs d'élites en question sont en réalité de vieux clichés représentant une fusillade au Kirghizistan en 2009. Il ne s'agit pas de complotisme, mais de faits (voir photo).
On pourrait aussi parler du cas d'Alexandra Khaïlak, qui a menti sur son enlèvement.

Pour terminer, nous ne remettrons pas en cause l'excellence du travail de Pascal Lassalle, mais nous aimerions qu'il soit poursuivit:
-par un voyage/découverte d'égal profondeur chez ces ukrainiens pro-russes qui ne sont surement pas tous d'affreux gros-bras sous solde du régime.
-d'un point de vue politique: où va la rébellion? Ou peut-elle aller, lucidement? En quoi ont résulté les précédents historiques, récents ou non?
-Par une mise en rapport avec les tentatives de révoltes en Bosnie (dont les troupes dans la rue sont des nationalistes) et celle, avortée pour le moment, menée à Belgrade par des gauchistes et des orangistes (qui s'est heurtée à la vive opposition du peuple Serbe, dans la rue).
-Par un petit tour du côté de l'U.S.U.F. (United States Ukrain Foundation), qui dépenses pas mal de pognon ces derniers temps.

Quoiqu'il en soit, nous présentons nos excuses aux lecteurs pour l'erreur relevée justement par notre camarade et nous espérons que Méridien Zéro traitera de nouveau, avec la qualité qu'on lui connait, ce sujet incontournable et central de notre futur commun.
En espérant que nos échanges avec les camarades de divers bords restent toujours aussi courtois:

DA SMERT

R&N76

*plus du tiers des hommes de la RONA étaient issus de l'espace géographique Ukrainien. La RONA a été formé en 1941 à Lokot, dans la région de Briansk.. en Ukraine. Kaminski lui-même était ukrainien, maire de la ville de Lokot.
La Galicie, elle, a donné la 14ème Division SS, qui est devenue en Avril 1945 la 1ère division de l'Armée Nationale Ukrainienne (UVV). Elle aussi a donné des cadres à l'UPA.
Des ukrainiens ont aussi été enrolés dans la 30ème division SS, elle aussi composée de Russes. Les ukrainiens portaient le trident sur leurs pattes de col.

Pour aller plus loin, ALEXANDRE LATSA

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