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TRANCHER LA QUESTION UKRAINIENNE (MAJ)

11/02/2012

[NDLR: Dans une première édition de l'article, l'auteur a opéré une confusion notable entre la RONA et l'UPA / OUN (erreur induite par la retranscription des caractères cyrilliques)
-La RONA (division SS ukrainienne) et l'UPA/OUN (mouvement de partisans nationalistes et indépendantistes) ne sont évidemment pas les mêmes organismes. Toutefois il est reconnu que beaucoup de cadres/combattants de l'UPA/OUN sont passé à la RONA et réciproquement.
Pour préciser les choses, l'historien Pascal Lassalle souligne que la comparaison des deux est souvent utilisée par la propagande russe comme manière de salir le nationalisme ukrainien, par association aux crimes de guerre commis par la RONA. Toutefois, il faut rappeler que l'UPA/OUN s'est rendue elle-même coupable de nombreux crimes de guerre de son côté. Il ne nous appartient pas de juger de ceux-ci ou non, ce n'est pas le débat. Simplement, rappelons aussi que l'UPA était divisée en courants parfois opposés les uns aux autres.
Quoiqu'il en soit, même sans prendre un parti russe, on ne peut que reconnaître que tous ces mouvements se retrouvent dans une égale détestation de la Russie (explicable par l'histoire de l'Ukraine) .


Pour ce qui est de notre regard actuel sur la situation et à l'écoute de l'émission Méridien Zéro sur ce sujet, nous ne voyons pas de raisons de changer de regard. Nous sommes confortés dans notre choix par la lecture d'une interview d'un leader du "Secteur-droit"", courant anti-européiste dans l'insurrection: Dmytro Yarosh.
Il est indéniable qu'ils ne peuvent que susciter notre sympathie. Mais on ne fait pas la guerre avec de la sympathie.
Politiquement, les nationalistes opposés à l'Union Européenne n'ont pas d'autres horizons qu'un nationalisme "orthodoxe" (que Dmytro Yarosh s'empresse de séparer de tout socialisme, qu'il juge superflu) et culturel, basé sur la notion certes incontournable d'indépendance nationale (mais surtout vis-à-vis de la Russie).
Nous l'avons vu depuis le début de la guerre froide: les nationalismes russophobes de l'est sont le pain béni de l'Ouest, quelle que soit l'époque.
Encore une fois, n'appelant pas pour autant à la défaite des insurgés ukrainiens, qui sont légitimes dans leur combat, nous ne pensons pas qu'en l'état actuel de la situation, il soit possible politiquement de les soutenir.

Le voyage de Bernard Henry Lévy à Maidan, sa prise de parole devant des milliers d'Ukrainiens, sans qu'il ne soit le moins du monde inquiété ni par Svoboda ni par le Secteur Droit, tombe à point nommé pour confirmer notre impression. La guerre contre la Russie (donc contre l'Europe libre) passe par la déstabilisation de son glacis protecteur (et donc de l'Ukraine).
Face aux manifestants, on invoque ici et là des "bandes armées du régime"" (rappelant le mythe des Shabihas en Syrie, ces gros bras mafieux prétendument au service de Bachar al Assad). En y regardant bien, on ne peut nier que ces ""bandes armées"" ont tout de même une assise populaire, donc une légitimité (surtout des ukrainiens russophiles ou des communistes). Les Shabihas syriens eux-mêmes basaient le gros de leurs troupes sur les étudiants du Ba'ath et les comités populaires. Donc sur le peuple.

L'impression que l'on retire de l'intervention de Pascal Lassalle nous rappelle furieusement la guerre froide. Un petit peuple de l'Est courageux se débattant contre un impérialisme russe malfaisant (Il y a une part indéniable de vérité). L''accent est surtout mis sur les médiamensonges et la propagande russe. Une vision plutôt injuste de Russia Today qui surpasse en qualité tout ce que produisent nos médias nationaux. Bien sûr, inutile de s'attendre de Russia Today une impartialité quelconque. La chaîne est directement téléguidée par Vladimir Poutine, qui ne s'en cache pas. Mensonges de CNN? Contre-mensonges de RT. C'est comme ça que se mène la guerre.
Du reste, Pascal Lassalle soutient que la droite nationale aurait embrayé sur un discours pro-russe et défiant à l'égard des insurgés ukrainiens, gobant la "propagande poutinienne". La droite nationale remplaçant donc les gauchistes des années 60/70 qui faisaient à l'époque le jeu de Moscou contre toute résistance occidentale?
Nous, au contraire, avions plutôt eu l'impression que les fafs français fonçaient tête baissée dans la solidarité instinctive avec la révolte ukrainienne, pour cause de croix celtiques et de runes diverses exhibées par les troupes de Svoboda.
"""Après tout, des nationalistes qui célèbrent la waffen SS et veulent prolonger le front de l'Est ne peuvent pas être nos ennemis.""". Même lorsque que Catherine Ashton et BHL viennent sur place? Notons que ce dernier non-plus affirme """ne pas avoir vu de néonazis"".

Qu'on nous comprenne bien: nous ne sommes pas opposés au national-socialisme ni à la fierté du peuple ukrainien et nous n'utilisons pas ces définitions pour faire peur. Simplement, nous sommes de ceux qui pensent que le national-socialisme, aujourd'hui, n'a plus sa place au côté de la néoEurope et de l'occidentalisme décadent. Le national-socialiste ukrainien n'a rien à gagner à combattre pour ces entités qui le laisseront faire le sale boulot puis se retourneraient contre lui. Les Croates en ont fait l'amère expérience dernièrement.

Mention spéciale concernant les rumeurs de tireurs d'élites, nous remarquerons que le coup """des tireurs d'élite du régime ouvrant le feu sur la foule""" est un classique des révolutions soutenues par l'Ouest. On peu d'ailleurs constater que les photos des tireurs d'élites en question sont en réalité de vieux clichés représentant une fusillade au Kirghizistan en 2009. Il ne s'agit pas de complotisme, mais de faits (voir photo).

Pour terminer, nous ne remettrons pas en cause l'excellence du travail de Pascal Lassalle, mais nous aurions aimé qu'il soit complété:
-par un voyage/découverte d'égal profondeur chez ces ukrainiens pro-russes qui ne sont surement pas tous d'affreux gros-bras sous solde du régime.
-d'un point de vue politique: où va la rébellion? Ou peut-elle aller, lucidement? En quoi ont résulté les précédents historiques, récents ou non?

Quoiqu'il en soit, nous présentons nos excuses aux lecteurs pour l'erreur relevée justement par notre camarade et nous espérons que Méridien Zéro traitera de nouveau, avec la qualité qu'on lui connait, ce sujet incontournable et central de notre futur commun.

R&N76

10/12/2013

L’Ukraine a toujours été un territoire à enjeux. Aujourd’hui, c’est un champ de bataille décisif sur lequel s’affrontent l’Occident capitaliste et l’Alternative Russe. Comme en Syrie, il s’agit d’un affrontement pyramidal et multi scalaire (à plusieurs échelles) entre ces deux pôles de puissance.

-International : deux blocs face à face.

-National, concernant l’avenir de ce pays artificiel et divisé qu’est l’Ukraine.

-Communautaire et politique, au niveau de la myriade de groupes, de militants et de personnages individuels.

-Mais aussi symbolique, illustré par la destruction de la statue de Lénine par des militants agitant des drapeaux de l’Union Européenne. Nous assistons à tout cela depuis la France, en nous interrogeant. Sommes-nous concernés ? Oui, définitivement. Aussi concernés que des français maréchalistes ou communistes lisant les nouvelles de la bataille de Stalingrad. Dans une guerre mondiale, tout le monde est concerné. Nous devons juger, réagir et nous positionner en temps que nationalistes français, tout simplement.

Juger avec recul…

Nous n’avons aucune raison de haïr les ukrainiens. Au contraire, ils nous sont plutôt sympathiques, comme la majorité des slaves le sont pour les français. Les ukrainiens, blancs et orthodoxes, sont encore largement préservés de la décadence culturelle et des invasions ethniques résultant du règne capitaliste que nous connaissons dans l’Ouest. Les ukrainiens sont courageux et rebelles : on pourrait s’étendre sur leur anarchisme si particulier durant la Révolution Bolchevique, sur leur lutte au côté de l’Allemagne National-socialiste contre Staline et sur la résistance des guérilleros de l’UPA jusque dans les années 60. Les Ukrainiens sont régulièrement martyrs : l’Holodomor (l’extermination stalinienne par la faim) l’esclavage, et aujourd’hui le dépeçage par les oligarques mafieux… Inutile de s’étendre sur la corruption du gouvernement ukrainien actuel ou sur ses lois anti-SDF complètement absurdes. La révolte et l’indignation d’une partie des ukrainiens a ses des raisons légitimes. Loin de nous l’idée de chanter les louanges du gouvernement Ianoukovitch. Au contraire, il faut réfléchir en connaissance de cause. Beaucoup d’ukrainiens ont vécu avec espoir l’écroulement de l’URSS, mais l’anarchie libérale qui s’est emparé de l’Est les a vite fait déchanter. Sur un autre plan, il est compréhensible que nombre d’ukrainiens se sentent étouffés par cette Russie gigantesque dans l’ombre de laquelle ils vivent. D’où la dimension identitaire très présente dans les émeutes de Kiev, identité arborée comme un fanion par les groupes nationalistes qui sont en tête des affrontements.

…mais en évitant le relativisme paralysant.

On dit avec raison que la définition d’une ligne politique commence par la délimitation entre l’ami et l’ennemi. Nous ne le cachons pas, nous sommes fermement positionnés du côté de l’Alternative Russe (pour des raisons que nous avons déjà largement commenté). Nous ne refusons pas de voir ses imperfections mais nous avons choisi notre camp. Nous, français, connaissons trop bien le poids de la dictature de l’Union Européenne pour vouloir autre chose que sa destruction complète et la reconquête de notre liberté nationale. Chaque nouveau pays gagné à l’Union Européenne prolonge un peu la durée de vie de cette entité vampirique. De surcroît, l’Union Européenne soumet automatiquement ses nouveaux esclaves à son régime mondialiste, autant sur le plan économique que moral ou culturel. Les gay-pride, les FEMEN ou les différentes plateformes militantes pour la « liberté » sont des instruments du soft-power européen dans son entreprise de conquête de l’Est et de réduction du dernier bastion blanc et libre. Ces instruments sont coordonnés par des réseaux de type OTPOR, organisateurs professionnels de « révolutions oranges », financés par George Soros et mandatés par la CIA. Nous avons pu le voir en Russie, en Serbie ou en Croatie. La guerre est ouverte et totale.

Les nationalistes ukrainiens, instruments de la mondialisation capitaliste.

Il est triste, cruel et à la fois doucement ironique de retrouver en tête de ces manifestations ennemies des nationalistes. Certes, il s’y trouve aussi des SDF payés 1 euro de l’heure pour occuper la place, certes il y a divers partis démocrates. Mais l’image qui nous marque le plus, c’est celle de ces jeunes gens aux tempes rasées, masque sur la figure, brassard et drapeaux frappés de runes, gantés, armés de chaînes, et se mesurant courageusement à la police anti-émeute du gouvernement. Colère légitime, mais instrumentalisée cyniquement par les pires ennemis des Nations.

Nous mettions souvent en garde les nationalistes français contre de telles récupérations, et il est vrai que c’est notre obsession, mais les faits nous donnent raison. Tout le passif du nationalisme ukrainien le prédisposait à une telle erreur. Construit exclusivement sur l’anticommunisme rabique (compréhensible sous Staline peut-être), sans autre horizon que l’opposition systématique à l’Est et l’alignement sur l’Occident, et se nourrissant de romantisme plutôt que de réflexion politique. Depuis les années 50, ou l’OTAN armait les maquis de la RONA jusqu’en 2008, année ou l’on retrouve des combattants nationalistes ukrainiens affiliés à la même RONA… dans l’armée Georgienne, volontaires russophobes. Quelle ironie ! Ces antisémites de traditions, qui s’enorgueillissent des souvenirs du volontariat ukrainien dans la Waffen SS, et qui servent par anti-communiste/anti-russisme anachroniques, de fantassins gratuits à l’Union Européenne Sioniste. Voilà où mènent le romantisme, le fétichisme, et l’obsession anticommuniste dépassées. Voilà aussi où mène une vision exclusivement identitaire lorsqu’elle est dépourvue de lecture géopolitique ou économique. Ces militants néo-païens racialistes, judéophobes et partisans du retour à la terre, servent de chaire à canon à ceux qui veulent imposer le mariage gay, l’espace Schengen, le marché libre avec son cortège d’immigration massive, et le soutien inconditionnel à Israël.

Ces gens-là prétendent troquer le rhume pour la lèpre…

Tranchons dans le vif.

L’Ukraine reste un assemblage de deux patries. L’une est la périphérie de l’espace slave orthodoxe, grenier à blé de l’est, « petite Russie ». Une autre partie constitutive de l’Ukraine est vulnérable aux influences germaniques et considérée par l’Allemagne comme son pré carré (comme l’a été la Slovénie durant la désintégration de la Yougoslavie). Une large partie des ukrainiens, cosaques en tête, soutient la Russie et s’oppose à l’UE. En conséquent, l’Ukraine est vouée à la partition : la partie Ouest étant absorbée par l’espace germanique et l’Union Européenne, sa partie Est à rejoindre la Russie dont elle est une périphérie et qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Une autre alternative, catastrophique pour nous, serait le triomphe de la révolution orange et l’absorption de l’Ukraine par l’UE. Il risque d’en résulter une véritable situation de guerre civile, comme en Yougoslavie dans les années 90. Les nationalistes français prendront-ils le train pour aller défendre l’Ouest (comme ils le firent en Croatie) ou s’engageront-ils dans la reconquête de l’Europe par l’Est ? Quoi qu’il en soit, les images qui nous parviennent de Kiev sont cruelles à nos cœurs.

On ne peut s’empêcher de les comparer avec notre souvenir des jeunes nationalistes français, qui en mai 2013, chargeaient avec vaillance les rangs des flics de l’UMPS, dispersant la racaille journalistique et appelant Poutine à l’aide devant l’ambassade de Russie. Les fanions noirs eurasiens côtoyaient les drapeaux rose et bleus de la Manif Pour Tous. Deux jeunesses, des combats radicalement antagonistes.

Le refus du « mariage » homobourgeois participait à une dynamique de réaction des peuples à la mort programmée par nos ennemis capitalistes, réveil glorieux qui a débuté en Russie, avec la réanimation de la Sainte Eglise Orthodoxe, réveil relayé par les Serbes, les Biélorusses, la fantastique résistance Syrienne, les victoires diplomatiques de l’Iran et jusqu’au Vénézuéla de Nicolas Maduro. Au contraire, le combat des nationalistes ukrainiens s’inscrit dans une logique anachronique, un folklore d’arrière-garde détourné cyniquement par les pires ennemis des peuples et des identités que la terre puisse porter .

Comme le dit si bien Aymeric Chauprade :

« Se tourner vers l’Union Européenne en 2013, c’est aussi absurde que d’en appeler à l’URSS en 1991. »

REFUSONS DE SERVIR D’IDIOTS UTILES AU CAPITAL !

REFUSONS QUE L'UKRAINE DEVIENNE UNE NOUVELLE GEORGIE!

AUCUN SOUTIEN A LA SUBVERSION ORANGISTE EN UKRAINE !
A BAS L’UNION EUROPEENNE CAPITALISTE, POUR UNE REVOLUTION NATIONALISTE EN FRANC
E !


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